Joel Pommerat

joel pommerat

Source: www.theatre-contemporain.net

Auteur-metteur en scène, Joël Pommerat, fonde la compagnie Louis Brouillard en 1990. Il a reçu le Grand Prix de littérature dramatique en 2007 pour sa pièce intitulée Les Marchands.

La pièce intitulée Cet enfant (2006) est une remise en scène d’un spectacle-théâtre commandité la CAF du Calvados relayé par le Centre dramatique national de Normandie (2003). Ce spectacle s’est joué dans 5 à 6 centres sociaux des quartiers de Caen dans le but de favoriser un échange de paroles dans le public. L’auteur décline en neuf scènes courtes le thème noué autour de la question de qu’ est ce que être parents aujourd’hui ?

Cet enfant [1]  s’est joué jusqu’au 27 septembre 2014, au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris Xe

Cet enfant,

« Je vais enfin pouvoir me regarder dans la glace/ chaque matin je vais trouver la force de me lever…il va me donner de la force cet enfant ». C’est en ces termes que Joël Pommerat, interroge d’emblée les modalités du désir d’être mère. Les personnages sont aux prises avec les enjeux de la complétude comme un des noms du bonheur inscrit dans notre modernité.

La relation métonymisée portée au nue dans le discours du capitalisme financier, inscrit le « brillant » de l’objet mais voilà quand l’étrange survient lors la rencontre avec l’extime, « mon enfant » devient alors « cet enfant ». Entre réel et fiction, l’auteur pose la question de l’énigme du désir d’être mère. Le fait de vouloir un enfant, d’avoir un enfant, le fait d’en avoir perdu un, ne laisse pas en paix.

L’accouchement, moment tranchant pose l’énigme du surgissement de du temps de la séparation noué à la perte de l’enfant fantasmé. L’angoisse peut surgir alors de la rencontre avec ce réel innommable comme l’Unheimlich qui conduit parfois à se séparer de « cet enfant » en renonçant à l’être mère. Qu’est ce alors « se sentir vraiment une mère » ?  Est-ce cette rencontre avec le non-dialectisable mis en tension par cette restriction «  je l’aime vraiment mais je n’arrive pas encore à me sentir une mère.. »

Les parents sont montrés comme désorientés face au nouveau mode de parenté dépouillé de sa dimension œdipienne. L’auteur se plait à nous montrer l’Autre scène, où se forge l’équivoque de lalangue poussant parfois à l’obscène. Le savoir-faire de l’artiste éclaire la manière dont l’enfant est porteur de la rencontre avec le réel de lalangue comme chiffrage, marque qui structure sa position de parlêtre.

[1] Joël Pommerat (2005), Cet Enfant, ed Actes-Sud – Papiers, 2014 nouvelle édition

Consultable sur le web :  http://www.journeesecf.fr/enfant-francoise-stark-mornington/

Françoise Stark Mornington

Pour Le lisible dans l’illisible, Novembre 2014

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