L’ ART DU SILENCE

 

 

L’ART DU SILENCE

SEMAINE DE SENSIBILISATION À L’AUTISME

Du 02 Avril au 08 Avril 2018

Théâtre Rutebeuf, 18 allées Léon Gambetta  Clichy la Garenne 92110

 

Prologue

L’Art du Silence, Autisme et Art brut.

 

Dans le cadre de la semaine de la sensibilisation à l’autisme 2018 – L’Association la Main à l’Oreille et la Municipalité de la ville de Clichy la Garenne – présentent le 3 avril 2018 au Théâtre Rutebeuf, une exposition intitulée l’Art du silence.

Cette action nous rappelle que l’objectif de l’Association La main à l’Oreille est de faciliter une rencontre entre auteurs, collectionneurs et visiteurs. Ainsi en favorisant des actions culturelles autour des œuvres produites par des jeunes gens dits autistes et des artistes du théâtre, de la danse, de la musique, des arts plastiques et des arts numériques , La Main à l’Oreille instaure un dialogue entre l’Art Brut et l’art contemporain.

Ce catalogue est l’aboutissement de la pratique artistique des enfants et des jeunes gens, auteurs de ces œuvres. Ces réalisations picturales, qu’elles soient images, sculptures et vidéos donnent à voir une représentation du monde où ils peuvent se loger. A ce titre, si l’image est silence et espace où se déploie une invention singulière, elle se fait capture des faits de la vie. Ici, pas de mot d’ordre, pas de protocole d’apprentissage, nous nous faisons partenaires de leur savoir-y-faire avec l’inédit. A cet égard, nous nous laissons enseignés et surprendre par ce qu’ils voient, par ce qu’ils ressentent et par ce qu’ils donnent à voir de leur modalité d’être au monde.

L’acte de l’artiste

Si au début du XX siècle, l’art semblait s’ordonner autour du classique et du moderne – dans les années 20, il s’affranchit par le mouvement des Surréalistes. Au-delà des repères convenus, des sources d’inspiration inédites sont privilégiées.

A ce titre, le peintre, Jean Dubuffet – inventa l’expression « Art brut » pour définir l’art spontané de créateurs autodidactes hospitalisés dans les services de soins psychiques et psychiatriques.

Leurs œuvres vont au cours du temps, susciter l’engouement des acteurs du champ de l’art qu’ils soient artistes, collectionneurs, et galeristes sans oublier le grand public.

L’art du silence

L’exposition offre au regard du spectateur des médiums multiples et interroge, l’œuvre de l’art chez celui qui se laisse surprendre par l’inattendu. Arabesques, couleurs inédites, figures étonnantes, convoquent – dans un premier temps, l’attention du regardeur. Ici, la création vise l’exceptionnel, l’unique. L’œuvre, parfois, s’impose par ses dimensions hors normes, laissant le regardeur aux prises avec une certaine intranquilité.

L’œuvre de la création artistique saisit dans l’instant de voir l’essence pure de la création dont l’auteur ne peut rien en dire. Elle s’offre en état : structurée comme un langage – elle est projection de l’inconscient à ciel ouvert, elle se fait objet réel. Si, l’œuvre de l’art semble non interprétable, elle opère cependant un double dévoilement. Par son effet de surprise, elle attrape le regardeur au joint le plus intime en l’interprétant.

L’acte comme fulgurance

L’acte se fait écriture – pure extériorité – d’un savoir y faire avec l’indicible dans un rapport au monde immaîtrisable. A ce titre, la pratique artistique se fait médium pictural d’où émerge contenus et formes comme juxtaposition de plein et de vide, de noir, de blanc, de couleurs gage d’une pratique de vidage d’un en-trop.

La production artistique atteste – à ce titre – d’un singulier chez l’artiste où la rencontre avec le réel se noue à l’élection d’un objet, voire d’un médium particularisé. L’acte de l’artiste semble pris dans un mouvement incessant que rien ne peut venir arrêter. Surgissant dans l’immédiateté, il se fait effraction.

Un rapport au monde nouveau

Si L’art du silence, promeut l’unicité de toute création d’art, elle montre que par l’effet – d’une pratique à plusieurs – un déploiement d’interactions entre les jeunes gens autistes et les artistes, opère un déplacement des limites inaugurales. C’est un pari nouveau entre le singulier et le collectif. Les créations d’art présentées, interrogent autrement la place de l’individu pris dans notre modernité. Elles interprètent le monde dans un rapport inédit, ce faisant, l’œuvre de l’art du silence, réintroduit les auteurs dans le lien social.

Discours de remerciements prononcé lors du vernissage

Bonsoir,

Mr Le Maire, Mesdames, Messieurs,

L’association de parents et d’amis de la Main à L’Oreille et la ville de Clichy la Garenne sont heureuses  de vous accueillir ce soir autour de l’exposition intitulée L’Art du Silence, dans le cadre de la semaine de l’autisme.

Cette exposition est le fruit d’échanges entre les parents, les associations amies et les institutionnels:  de  TEAdir-Aragon,  de l’Antenne 110,  du Centre Thérapeutique et de Recherche de Nonette,   de la Fondation Martin Egge Onlus  et   en collaboration avec Le Monde au Singulier.

Pour ma part, je les remercie chaleureusement pour leur  étroite coopération  à ce projet.

En tant que Membre de l’Association La Main à l’Oreille, je tiens à remercier tout particulièrement la Ville de Clichy la Garenne et son équipe de professionnels, car sans leur concours attentif, ce projet n’aurait pas pu voir le jour dans cet écrin que représente le Salon Cesaria Evora du théâtre Rutebeuf .

« L’Art du Silence », convie le visiteur à suivre un phrasé structuré autour d’un fil rouge : l’acte de l’artiste. Du trait à la trace, l’espace se délimite, une forme surgit, des teintes diaphanes aux aplats de couleurs chaudes donnent  à voir une écriture singulière entre langage et corps comme autant d’énoncés sonores. Entre chuchotements et sons, une mélodie s’écrit sur la toile comme autant d’allers et retours d’un savoir-faire inédit.

L’exposition par l’œuvre de l’art peut surprendre par les arabesques, les couleurs insolites et les figures étonnantes. Ici, la création vise l’exceptionnel. Mais l’œuvre parfois laisse le regardeur aux prises avec une certaine intranquillité.

L’œuvre s’offre en état, structurée comme un langage. Elle est non interprétable. Elle se fait écriture de l’indicible dans un rapport au monde singulier.

l’Art du Silence offre au visiteur une interprétation du monde unique mais elle montre que par l’effet – d’une pratique à plusieurs –  un déploiement d’interactions opère un pari nouveau.

Autrement dit, l’œuvre de l’art du silence favorise l’articulation du singulier au collectif.

Je vous remercie de votre attention.

Françoise Stark-Mornington

Pour L’Association La Main à l’Oreille, LaMà0, le 3 avril 2018

En illustration  sur le site de LaMà0 à l’adresse web suivante : https://lamainaloreille.wordpress.com/2018/04/20/lart-du-silence-video/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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